jeudi 12 septembre 2013

La sottise de la FNPL, ça SUFFIT !

 


 


Le semis direct sous couvert : une solution contre l'appauvrissement des sols

 

 
Le semis direct sous couvert : une solution contre l'appauvrissement des sols
Technique qui consiste à semer les céréales dans un paillage issu d'une culture intercalaire, le semis direct sous couvert enrichit les sols et les protège de l'érosion. Abandon du labour et de l'apport d'intrants, les bénéfices écologiques sont nombreux.
Le sol est peuplé d'une microfaune souvent méconnue des agriculteurs. Son rôle est pourtant crucial. Cloportes, collemboles, acariens: en circulant dans la terre, ces animaux vont faciliter l'infiltration de l'eau et la protéger de l'érosion. Ils vont permettre à la plante de déployer ses racines sans encombre et d'accéder aux nutriments qui lui sont indispensables.
Or le labourage intensifs des parcelles a entraîné la destruction de cette faune et par conséquent l'appauvrissement des sols qui deviennent bien plus vulnérables aux aléas du climat.
Restaurer la biodiversité des sols
Au laboratoire d'analyses microbiologiques des sols en Côte d'Or on connaît bien le problème. Claude, Lydia et Emmanuel Bourguignon tentent de trouver des solutions pour permettre aux agriculteurs de restaurer la biodiversité de leurs sols et améliorer les denrées agricoles.
Parmi ces techniques, le semis direct sous couvert. Elle consiste à planter une culture intercalaire qui enrichit le sol et qui sert de couvert à la culture de la céréale. En effet une fois mortes, les plantes de couvertures forment un paillage sur lequel l'agriculteur pourra semer.
Cette technique ne nécessite aucune intervention mécanique dans le travail au sol. Réduction de la dépense énergétique, non utilisation d'engrais, préservation de la microfaune, les avantages écologiques sont nombreux.
Toutefois le semis direct est difficile et long à mettre en place et le rendement de l'agriculteur peut diminuer lors des premières années. Peu accompagnés dans leur conversion, certains d'entre eux choisissent de rebrousser chemin.

 


mercredi 11 septembre 2013

Suicide des agriculteurs - La Coordination rurale réclame la publication d'une étude sur le sujet



Suicide des agriculteurs - La Coordination rurale réclame la publication d'une étude sur le sujet
PARIS, 10 sept 2013 (AFP) - La Coordination rurale a saisi mardi l'occasion de la Journée mondiale de prévention des suicides pour réclamer la publication de l'étude « promise pour la rentrée 2013 » sur l'ampleur du phénomène en milieu agricole.
« En cette journée mondiale de prévention du suicide, la Coordination Rurale s'inquiète face au silence qui perdure au sujet des suicides agricoles », écrit-elle dans un communiqué. Ce syndicat agricole minoritaire demande donc à l'Institut de veille sanitaire (INVS), à la mutuelle agricole MSA et au ministère de l'Agriculture » de publier au plus vite les résultats de l'étude promis pour la rentrée 2013 ».
Depuis juin, rappelle-t-elle, la CR « attire l'attention des pouvoirs publics et de la société sur la situation particulièrement difficile des agriculteurs ». Elle juge donc nécessaire de « mettre en place les procédures permettant de totaliser puis de publier le nombre de suicides d'agriculteurs ». Une étude sur ce point a été annoncée en 2011 mais aujourd'hui « l'attente est interminable », estime-t-elle. « A ce jour, alors que l'Organisation mondiale de la Santé considère le suicide comme un problème de santé publique énorme mais en grande partie évitable, le secteur agricole est l'un des seuls à ne pas disposer de données chiffrées sur la fréquence de ses suicides », s'insurge la Coordination. Suite...

mardi 10 septembre 2013




Jeunes Agriculteurs (JA) fait preuve de frilosité sur la transition agroécologique voulue par Stéphane Le Foll... Après que ce dernier a exprimé, lors de la rentrée de 2013, son souhait de mobiliser l'enseignement agricole autour de ce projet, le syndicat expose ses craintes de voir « un seul modèle d'agriculture prendre en otage le système éducatif » et souhaite maintenir une diversité dans les types de production.

« Rappelons que les trois performances – écologique, économique et agronomique – sont primordiales et complémentaires pour le développement et le maintien de nos exploitations », insiste JA dans un article publié sur son site internet (www.jeunes-agriculteurs.fr).

Pour le syndicat jeune, « la profession et le corps enseignant doivent doter les jeunes de la possibilité d'analyser des systèmes d'exploitation, en prenant en compte les facteurs économiques, géographiques, environnementaux... afin d'établir leur propre jugement, tels qu'ils seront amenés à le faire lorsqu'ils seront chefs d'entreprise ».

Une position calquée sur celle de la FNSEA qui, le 3 septembre 2013, avait elle aussi insisté pour que le travail de l'agriculteur reste « économiquement viable » et que les supports pédagogiques permettent aux jeunes « d'accéder aux différents modes de production, sans exclusion ».  Suite...

..............................................................................
Normalement, quand on est jeune on a besoin d'apprendre; notez bien qu'en vieillissant aussi on en a besoin.
Tout simplement parce que le monde change et le savoir évolue sans cesse.

Mais, chez les JA on veut seulement apprendre ce que le vieux syndicat leur dit d'apprendre.
Une agriculture vroum, vroum, avec de très gros tracteurs, des graines "sélectionnées par des marchands de graines géniaux", beaucoup de produits chimiques etc...
C'est très moderne c'est "scientifique" mais nous on veut choisir notre science à nous.
Celle qui fait gagner beaucoup à ceux qui vendent tracteurs, intrants, herbicides, gastéropodicides, insecticide, plein de mots en terminés par "cide".
Et bien, sûr, à ceux qui prêtent (cher) les sous pour pouvoir produire cette magnifique science de l'industrie agroalimentaire.
Notons bien que tout les mots terminés en "cide" indiquent l'idée de mort (cela vient du grec), exemple homicide, etc...
D'accord, on fait pousser des plantes, mais à quel prix?
Prix financier, prix environnementaux, prix sanitaires etc...
D'accord, on fait pousser une plante (mettons le maïs) mais, par contre on détruit tout le reste .
Les fameuses mauvaises herbes que d'aucuns nomment aussi "plantes adventices" et qui, bien utilisées, sont très utiles... 


il paraît qu'il  y a d'autres technologies, issues des sciences dures, de l' agroécologique, genre écomicrobiologie par exemple (et bien d'autres disciplines émergentes ou éprouvées scientifiquement), mais, nous, les JA, on veut pas savoir.

On veut apprendre seulement ce que les chefs y disent qu' y faut apprendre.

On appelle ça avoir de l'esprit critique.
L'esprit critique ça fait sérieux, réfléchit, viril. Cela pose son homme...

Mais il y a quand même un "petit" problème qui subsiste: comment on fait pour critiquer rationnellement et scientifiquement ce qu'on ne connaît pas du tout parce qu'on a refusé de  l'étudier et de  l'apprendre?

Quand je vois tout ça, ça me fait un peu bizarre car les intégristes de tous bords, ils "pensent" de cette façon là précisément.

Y aurait-il donc une forme d'intégrisme agronomique ou agricole?
On peut se poser la question...
 

 

 






SOMME: Des terres agricoles engluées dans le marché noir




Pour louer de nouvelles terres, les agriculteurs de la Somme se voient souvent demander un «pas de porte» par les fermiers précédents ou leurs propriétaires. Cette pratique illégale, connue de tous, peine à disparaître.
 S'il vous prend l'envie de devenir céréalier dans la Somme, deux solutions s'offrent à vous.
Soit vous achetez de la terre à prix d'or, et vous en devenez propriétaire pour la cultiver. Soit vous la louez à un propriétaire à qui vous verserez chaque année un fermage, souvent modique. Vous deviendrez ainsi fermier, au sens littéral.
Mais dans la Somme, la réalité n'est pas aussi simple. Pour cultiver de nouvelles terres en fermage, il vous faudra souvent verser un «pas de porte», aussi appelé «chapeau», au précédent fermier et parfois aussi au propriétaire. Une forte somme d'argent, versée sous le manteau.
Problème : c'est strictement interdit par le Code rural, même si ce sont les fermiers et propriétaires ayant encaissé un «pas de porte» qui sont considérés comme responsables par la loi. Ils encourent jusqu'à deux ans de prison et ou 30 490 euros d'amende.


Région de Frise (80)
Aussi illégale qu'elle soit, la pratique est presque généralisée dans la Somme. «Quelques propriétaires ne demandent rien au locataire entrant, soit parce qu'ils ne font pas attention, soit parce qu'ils ne demandent que des fermiers sérieux. Mais les locataires sortants demandent toujours un chapeau à l'entrant. Toujours, témoigne un agriculteur du nord du département, qui souhaite rester anonyme. Mais tout le monde fait semblant de ne pas savoir».
À la fin des années 80, cet agriculteur a dû verser 17 000 francs de l'hectare à un agriculteur-propriétaire de ses propres terres. Comme beaucoup, il était contre. Mais porter plainte, c'est prendre le risque de «se cramer» dans toute la campagne, prendre le risque que plus personne ne veuille vous céder ses terres.
Comment ça marche ?
Comme tout marché noir, le «chapeau» n'a pas de cour officiel. «Aujourd'hui on entend parfois 12000 ou 15000 euros de l'hectare. Mais personne ne sait ce que cela comprend [vente de matériel, récolte sur pieds, ndlr] et si les cédants ont vraiment été payés», explique cet agriculteur.

Globalement le prix du chapeau suit celui des céréales et des cultures spéculatives de la région, comme la pomme de terre. «Les prix ont commencé à grimper dans les années 80. Puis il y a eu un trou dans les années 90. Et c'est reparti à la hausse au cours des années 2000», explique l'agriculteur samarien.
Aujourd'hui il vous en coûtera au minimum 6000 euros par hectare pour acquérir le bail de terres à céréales. «Quand ils apprennent qu'un agriculteur a mis cette somme, ça sert de référence à tous les autres», observe Antoine Jean, porte-parole du syndicat Confédération paysanne dans le Nord où la pratique est également courante.
Aussi banalisée qu'elle soit, la pratique du chapeau n'est pas légale. Un agriculteur n'a pas le droit de déclarer avoir dépensé 6000 euros de pas de porte dans la comptabilité de son exploitation. Alors depuis des années, agriculteurs et comptables usent de grosses ficelles pour masquer la fraude.


Michel Randjia, président des Fermiers de la Somme
«Quand un agriculteur cède son bail, il va aussi mettre en vente le matériel, le bétail, la fumure et l'arrière-fumure, explique Michel Randjia, président des Fermiers de la Somme, membre de la Fdsea, le syndicat agricole majoritaire et administrateur à la Chambre d'agriculture de Picardie. Si le matériel vaut 2000 euros, le supplément constituera le pas de porte.»
Le principe est simple. En façade, l'agriculteur transfère gratuitement son bail à son voisin, et lui vend un bien en parallèle. En coulisses, chacun sait que le prix du bien est surévalué. Cela peut-être un tracteur, un récolte encore sur pied, les fumures apportées lors des dernières années d'exploitation ou les arrières fumures, résidus de fumure, dont le nom est parfois utilisé abusivement pour désigner les pas de porte.
Légaliser ou éradiquer
Michel Randjia, de la Chambre d'agriculture de Picardie, reconnaît l'ampleur du problème des «chapeaux» et condamne officiellement ces pratiques. Mais pour lui, un travail a été fait pour faire rentrer les agriculteurs dans la légalité: «Nous essayons de moraliser ces pratiques juridiquement».
En effet, il existe des dispositions légales pour se faire payer un pas de porte «légalement», comme le droit au bail. Cette tentative de légalisation est apparue récemment, dans la loi d'orientation agricole (LOA) de 2006 avec la création du fonds agricole cessible.
À l'instar du fonds de commerce, le fonds agricole permet de céder une exploitation selon son potentiel économique, y compris les baux. Il permet «d’introduire des éléments immatériels comme le droit au bail, les droits à produire, le droit à payement unique (DPU) pour l’évaluation de l’entreprise agricole», explique l'économiste Jean-Pierre Boinon dans la Revue de l'Insee, Economie et Statistiques.



«Dans le commerce, on calcule le montant du fonds de commerce à partir de la valeur économique d'une entreprise grâce à son chiffre d'affaires. En agriculture, les fermiers ont du mal à faire valoir cette notion», explique Michel Randjia. Notamment parce que le pas de porte est illégal.
Malheureusement pour ses créateurs, le droit au bail et le fonds agricoles n'ont pas connu un franc succès. «Les déclarations de fonds agricoles recensées sont de 97 en 2006 et de 293 en 2007, ceci au regard des 326 000 exploitations agricoles professionnelles recensées en 2007», observe l'économiste. Propriétaires et fermiers préfèrent rester dans l'illégalité.
L'autre forme de pas de porte «légal», c'est la part sociale. Depuis 25 ans, de plus en plus d'exploitations agricoles prennent la forme de sociétés, au détriment de l'exploitation individuelle traditionnelle. En 1988 seulement 10% des exploitations agricoles étaient sous forme sociétaires, selon la France agricole. Elles sont aujourd'hui 40% à avoir choisi cette forme. Une forme sous laquelle il est facile de donner une valeur aux pas de porte, notamment en surestimant les parts sociales. Au lieu de payer un pas de porte à son voisin, pourquoi ne pas racheter des parts dans sa société agricole?
«Une vraie dérive»

 
À l'inverse de la Fdsea, la Confédération paysanne du Nord défend la loi actuelle, et souhaite éradiquer la pratique du pas de porte. «Il faut que le fisc mette son nez dans les comptes des agriculteurs, demande Antoine Jean, porte-parole dans le Nord. Il faut faire appliquer la loi, et surtout que les banques arrêtent de prêter aux agriculteurs pour des pas de porte».
Pour la Confédération paysanne, ce n'est pas seulement la pratique des pas de porte qui pose problème, mais aussi les montants en jeu. «On nous dit que les agriculteurs ont des petites retraites. Mais même si on améliore leurs retraites, il n'y a pas de raisons qu'ils renoncent à toucher des pas de porte, tonne Antoine Jean. Au départ, on parlait juste de mise en valeurs du bien. Il s'agissait de payer l'amélioration de la terre par le précédent locataire. Mais aujourd'hui il y a une vraie dérive. Les agriculteurs en place mettent des sommes de plus en plus importantes pour s'agrandir. Ces gens empêchent les jeunes de s'installer.»
«Dans la région l'agriculture est devenue une activité juteuse»,explique Michel Randjia de la Fdsea. Pour un jeune qui n'est pas du milieu agricole et qui n'a pas de soutien financier de ses parents, s'installer relève de la mission impossible, s'accordent les deux syndicats. Seuls les agriculteurs en place peuvent assumer les coûts d'une reprise.
Si la pratique du «chapeau» s'est surtout développée au Nord de la France et dans la Bassin parisien, ce n'est pas un hasard.
La première raison, c'est lorsque l'on parle de foncier agricole, la France est partagée par une ligne La Rochelle-Genève. Au nord de cette ligne, les agriculteurs sont majoritairement locataires de leurs terres, 80% de locatif, estime un avocat en droit rural du barreau d'Amiens.
Au nord de la France, les ventes de terres sont rares, les transferts de baux fréquents. Au sud de cette ligne, les agriculteurs sont en revanche majoritairement propriétaires, et les transferts de baux ne sont pas légions. «Quand on parle des pas de porte à un vendéen, il ne comprend pas de quoi on parle», explique Michel Radjian.
La deuxième raison, c'est que les terres du département, à l'instar de celles du Bassin parisien, sont très fertiles. En 2012, les rendement de blé en Picardie étaient compris entre 80 et 88 quintaux par hectare (q/ha). À titre de comparaison, en Meurthe et Moselle, ils étaient compris entre 32 et 57 q/ha.
La valeur des terres samariennes est donc élevée et ne cesse d'augmenter pour plusieurs raisons internes au monde agricole : prix des céréales élevés depuis plusieurs années, exploitations de plus en plus florissantes (capables d'avancer des sommes considérables pour s'agrandir).


Alexandre Platerier, Terres de liens
Pour l'association Terres de liens Picardie, qui aide des jeunes non issus du milieu agricole à s'installer sur des projets d'agriculture biologique, il faut s'attaquer à la spéculation sur le foncier, dont le pas de porte n'est qu'un symbole. «C'est une conception de l'agriculture et du foncier à revoir. Pour nous, la terre est un bien commun, elle ne doit pas continuer à être une marchandise», explique Alexandre Platerier, animateur de l'antenne picarde.
Son association se refuse à payer le pas de porte demandé par la plupart des agriculteurs cédants. «Ce qui fait que l'on ouvre pas beaucoup de dossiers», regrette-t-il.
À la rentrée, les députés français débattront d'un projet de loi déposé par le ministère de l'Agriculture, la «loi d'avenir pour l'agriculture», qui traite notamment des questions du foncier agricole. «Il n'en sortira pas grand chose», annonce Michel Radjian. Pourtant le problème est de taille.